Carnet de voyage en Ouzbékistan
A la découverte des principales villes-étapes de la Route de la Soie

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Caravane dans le désert
Jaquette DVD

Ce carnet de voyage a été réalisé sur la base des commentaires du film :

Sur la Route de la Soie

La route de la soie : un mot magique qui recouvre deux mille ans d’histoire : c'était un réseau de pistes qui, de Xi'an, en Chine, à Constantinople, reliait la Chine à l'Europe, et variait en fonction des considérations politiques, des saisons, des guerres, du banditisme...

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Les Routes de la Soie

Femmes ouzbèques à Khiva

La route de la soie : un mot magique qui recouvre deux mille ans d’histoire. C'était en fait un réseau de pistes qui reliait la Chine à l'Europe et variait en fonction des considérations politiques, des saisons, des guerres, du banditisme...
Ayant sévèrement gardé le secret de sa production, la Chine est restée jusqu’au Ve siècle de notre ère le seul fournisseur de soie au monde. Pour les producteurs chinois, la soie était considérée comme une monnaie, acceptée partout dans le monde, et une valeur-refuge, stockée comme on amasse de l’or.
Mais outre la soie, les marchands ont acheminé d’autres textiles, des matières rares et précieuses, des épices... Ce fut également une grande voie de cheminement pour les idées, les religions comme la transmission du bouddhisme vers la Chine ou les techniques comme la fabrication du papier à Samarcande. La variété et la dureté du climat (très chaud en été, très froid en hiver) compliquait la progression des caravanes. Il fallait donc passer les montagnes avant l'hiver, les déserts avant l'été. Au rythme de vingt-cinq à trente kilomètres par jour, les marchandises parties de Chine pouvaient mettre un an et plus pour atteindre la Perse....
Seules les marchandises faisaient la totalité du voyage : dans chaque ville-étape, les caravaniers revendaient leurs marchandises à d'autres caravaniers qui allaient rejoindre la ville-étape suivante et revendre à leur tour leurs marchandises. Ces transactions ralentissaient la progression des marchandises mais enrichissaient énormément les villes qui prélevaient taxes et droits divers sur toutes les transactions.

Mosaique caravane

De Xi'an, en Chine, à Constantinople, la route de la Soie fut, pendant plus d’un millénaire, la grande voie de communication à travers toute l’Eurasie. Elle prospéra jusqu'à la mise en place des nouvelles routes maritimes vers l'orient au 14ème siècle sur les traces de Marco Polo, Vasco de Gama et Magellan.

Ouzbek à Khiva

Au XXIème siècle, à l'heure où la mondialisation de l'économie fait pencher la balance vers l'Est, la nouvelle route de la soie pourrait redistribuer les cartes des échanges économiques. La construction de ce nouvel axe commercial majeur est un chantier titanesque à l'initiative de la Chine (Belt and Road Initiative - BRI).

L'Ouzbékistan

L'Ouzbékistan est le pays des Ouzbeks, lointains héritiers des mongols. L'Ouzbékistan a une superficie de 447.000 km2 soit les 2/3 de la France. C'est un pays essentiellement désertique : 10% des terres seulement sont exploitées par l'homme à l'est du pays.
Le climat est de type continental : froid en hiver et très chaud en été. Le pays est irrigué par 2 fleuves, l'Amou-Daria et le Syr-Daria qui se jettent dans la mer d'Aral. Compte tenu des prélèvement importants pour la culture du coton, celle-ci est en réduction très forte : elle devrait disparaitre totalement en moins de 10 ans, un désastre écologique pour la région !
L'Ouzbékistan est le pays d'Asie Centrale le plus peuplé avec 31 millions d'habitants dont près des 2/3 vivent à la campagne.
L'Ouzbékistan est un pays laïc ; la religion musulmane (de rite sunnite) est très majoritaire avec 94% de la population. La pratique religieuse a été limitée pendant la période soviétique mais depuis l'indépendance elle ne s'est pas régénérée.

Tachkent

Tachkent musée des Arts Appliqués

Tachkent, la capitale ouzbèque, est une métropole de plus de 2 millions d'habitants, la plus grande ville d'Asie Centrale. Ravagée par un tremblement de terre en 1966, la ville a été reconstruite par les russes qui lui ont donné cet aspect typiquement soviétique, moderne et original, avec des parcs, de grandes places et de larges avenues boisées.

Musée des Arts Appliqués

Le musée des arts appliqués a été installé dans l'ancienne demeure d'un diplomate russe du XIXe siècle. Attiré par l'architecture et l'art d'Ouzbékistan, celui-ci avait fait appel à de nombreux maîtres des principaux centres artistiques de l'Ouzbékistan pour lui construire le palais de ses rêves. Malheureusement pour lui, il fut muté ailleurs avant l'achèvement de la construction.

Tachkent, lutrin

Medersa Kukeldach

La medersa Kukeldach est la plus importante des 23 médersas de la vieille ville de Tachkent.
Le portail à auvent de 20 mètres de haut mène à une cour intérieure dans laquelle donnent les 120 cellules réparties sur 2 niveaux. Autrefois les cellules étaient occupées par deux ou trois étudiants en théologie coranique.

Tachkent, marché Tchorsou

Khast Imam

Le complexe Khast Imam regroupe autour d'une grande place un mausolée, une médersa et plusieurs mosquées. C'est le centre administratif de l'islam d'Ouzbékistan. De vieux corans, en particulier, sont exposés.
Ici les menuisiers font des lutrins magiques destinés à la lecture du coran ou de tout autre livre : ils peuvent s'ouvrir en 3,6, 9, voire 12 positions différentes grâce à un jeu astucieux d'emboîtements.

 

Le marché Tchorsou

Tchorsou est le plus ancien marché de Tachkent : on dit qu'il aurait plus de 2,000 ans…
Ce marché abrite une multitude d'étals colorés où tout ce qui peut se manger est vendu : des montagnes d'épices aux couleurs vives, d'énormes sacs de céréales, de longues rangées de bouchers... Une zone particulière attire l'attention : elle est réservée à la fabrication des délicieuses galettes de pain ouzbèques.

Khiva

Khiva, porte de la vieille ville

Bâtie dans le désert, la ville oasis de Khiva était une grande étape caravanière. Elle s'est en particulier illustrée dans le commerce d'esclaves. C'est sans doute en Ouzbékistan la ville la mieux conservée de la route de la soie : grâce à un important programme de réhabilitation, elle est devenue une véritable ville musée.

Khiva, les remparts de la vieille ville

Itchan Kala

Une grandiose enceinte de remparts du 18ème siècle et longue de plus de 2km défend Itchan Kala, la vieille ville fortifiée. 4 portes permettent d'y pénétrer : elles étaient autrefois fermées la nuit pour empêcher les pillards et rodeurs d'entrer dans la ville. Les murs de la citadelle n'émergent malheureusement plus des sables du désert brulant mais... d'un parking bitumé.
Itchan Kala, la vieille ville, est désormais entièrement piétonne. Les ruelles tortueuses nous conduisent à travers la ville à la découverte des medersas, ces très belles écoles coraniques, et autres mosquées car Khiva recèle l'ensemble islamique le mieux préservé d'Asie.

Kalta Minor

Kalta Minor était une commande du khan Amin qui voulait en faire le plus haut minaret du monde avec 70m. Trois ans plus tard, le khan était assassiné et le projet abandonné car trop couteux : il ne fait donc que 26m mais avec une base impressionnante de 14,5m de diamètre. il est entièrement recouvert de briques vernissées et de faïences qui forment des ornements complexes et variés de plusieurs couleurs, mais le bleu et le vert sont les plus dominants.
Juste à côté, la medersa Amin Khan, la plus vaste de la cité. Les cellules des étudiants ont été reconverties en un bel hôtel de caractère.

Kuhna Ark

A proximité, le complexe de Kuhna Ark constitue le noyau le plus ancien de la citadelle. Il émerveille par son décor en faïence d'un bleu glacier. Les quartiers du khan comprennent une mosquée d'été, un atelier de frappe de monnaie, un harem et une salle du trône où le khan recevait en hiver dans une yourte en feutre érigée sur une base en briques.

Khiva, la mosquée Jouma

Mosquée Jouma

Une atmosphère apaisante règne dans la mosquée Jouma, un peu comme dans une grotte. La pénombre est seulement percée par deux ouvertures sur le toit. Bien que très différente, cette mosquée fait penser à la cathédrale-mosquée de Cordoue par cette pénombre et par sa forêt de colonnes, ici 221 piliers en orme sculptés. Certains ont plus de mille ans car ils ont été récupérés lors de la reconstruction de mosquées plus anciennes. Elles s'appuient généralement sur des socles en marbre afin d'éviter la remontée du salpêtre dans le bois.

Tach Khavli

Également appelé Palais de Pierre, ce bâtiment a été construit par Alla Kouli Khan en 1830. Il est resté un lieu de résidence des Khans jusqu'en 1880. Il comprend plus de 260 pièces. Les différentes parties de l’édifice sont construites selon leur fonction et constituent un ensemble compact regroupé autour de trois cours correspondant aux trois fonctions principales : le harem, la salle de réception et la Cour de Justice. Ces trois unités sont caractérisées par le schéma de la cour à iwan : un iwan est une salle voûtée, surmontée d'un grand arc, délimitée sur trois côtés et ouverte sur le quatrième.
La salle de réception, autour d’une cour carrée, présente un iwan sur le côté sud, décoré de majoliques. La partie Est de la cour comporte deux plateformes circulaires destinées à installer des yourtes pour recevoir les invités qui y séjournent. La Cour de Justice comprend également une plateforme destinée à installer une yourte.

Khiva, Medersa Alla Kouli Khan

Medersa Alla Kouli Khan

Cette médersa a été bâtie en 1834La bibliothèque de la ville était disposée dans plusieurs cellules du rez-de-chaussée et servait à tous les étudiants des différentes médersas de la ville. Elle abrite actuellement un musée de l'histoire de Khiva.
La façade est décorée de majoliques dans des tonalités de noir, de blanc et de bleu. Des décors au contour noir se remarquent dans les tympans et les arcatures doubles, ainsi qu'aux trois-quarts des colonnes du portail, l'un des plus imposants de la ville. La cour mesure 30 mètres x 34 mètres, comprenant classiquement quatre iwans, un pour chaque côté.
Le mausolée de Pakhlavan Mahmoud est en fait un complexe funéraire qui abrite plusieurs tombes. Pakhlavan Mahmoud était un poète et guerrier célèbre qui est devenu le saint patron de Khiva. Il a souhaité être enterré dans son atelier qui a donc été transformé en mausolée. Plus tard ses disciples ont voulu être enterrés près de lui.

Palais de Nouroullah Baï

Il est situé dans la ville extérieure. C’est un mélange de style russe (avec, par exemple, les poêles décorés de porcelaine venant de Saint-Pétersbourg) et de style traditionnel local. Il comprend notamment une vaste salle de bal, une pièce de réception, une pièce de repos, une pièce réservée à la musique, etc.

Lac Eshon Ravot

C'est à la fois un élevage de poissons et un restaurant. Chaque table est installée dans une sorte de terrasse sur l'eau au charme très bucolique….
Une dernière promenade dans les ruelles de la vieille ville.

Boukhara

Boukhara, le mausolée Ismail Samani

Boukhara, l’une des villes caravanières les plus riches et les plus anciennes sur la route de la soie, a plus de 2 000 ans. C'est l'exemple le plus complet d'une ville médiévale d'Asie centrale dont le tissu urbain est resté majoritairement intact. Les caravanes traversant le désert du Kyzyikoum pouvaient voir la flamme qui brulait en permanence tout en haut du grand minaret de Boukhara, le phare du désert.
A mesure qu'elles approchaient, les caravanes pouvaient distinguer le fût ambré du minaret puis les contours des fortifications qui se découpaient sur un ciel toujours bleu.

Complexe Po I Kalon

Complexe Po I Kalon

Ce complexe est un des hauts-lieux de Boukhara et le principal complexe architectural de la ville. Il comprend la mosquée Kalon, un minaret d’une ancienne mosquée et la medersa Mir-i-Arab.
Le minaret Kalon qui domine la ville à plus de 48 mètres de hauteur, fut construit en 1127 comme la plus haute tour d’alors. La tour servait non seulement à l’appel à la prière mais était aussi utilisée comme tour de guet et repère pour les caravanes.
La mosquée Kalon est l’une des plus anciennes et des plus vastes d’Asie centrale, avec des dimensions imposantes : 180 x 80 m. Sur cet emplacement, la première mosquée fut édifiée en 795, puis agrandie par Ismaïl Samani ; elle subit deux effondrements, fut incendiée en 1608 et détruite par les Mongols en 1219. La structure visible aujourd’hui a été achevée en 1514, le mihrab a été embelli en 1541.

La cour comporte quatre iwans et est entourée d'une galerie de 208 colonnes supportant 288 coupoles. Un grand dôme bleu surmonte le mihrab de la mosquée Kalon. L’inscription en coufique, de couleur blanche, qui entoure la coupole, indique "l'immortalité appartient à Dieu. Le pavillon octogonal qui fait face au mihrab est un ajout tardif.

Boukhara, Medersa Mir I Arab

Medersa Mir I Arab

La medersa Mir-i-Arab a été construite en 1535. Elle va servir de modèle à la plupart des medersas ultérieures de la ville. La cour carrée intérieure est entourée de deux niveaux de cellules (cent onze au total). La medersa Mir-i-Arab fut la seule, avec celle de Tachkent, à diffuser un enseignement religieux à l'époque soviétique. La medersa est aujourd'hui encore en activité.

Mosquée Jouma

La mosquée Jouma, mosquée du vendredi de la citadelle Ark, a été construite au début du 18ème siècle.
Sur 3 cotés, la mosquée dispose d'iwans qui reposent sur des colonnes en bois de sycomore. Leurs plafonds sont couverts d'ornements géométriques qui donnent une bonne idée de l'art des charpentiers de l'époque.
Actuellement, la mosquée abrite une exposition sur le livre saint, le coran.

Boukhara, Mosquée Bolo Haouz

Mosquée Bolo Haouz

La mosquée Bolo Haouz est située à côté de la citadelle Ark et d’un bassin qui lui a donné son nom. Elle s‘ouvre sur un iwan de 12 mètres de haut, au plafond à caissons finement décoré, soutenu par vingt colonnes de bois peint, avec des chapiteaux à muqarnas. Cette mosquée était utilisée régulièrement par l’émir.

Mokhi Khossa

Le palais Mokhi Khossa est situé à quelques kilomètres de Boukhara. Il a servi de résidence d'été aux émirs de Boukhara jusqu'en 1920, date de la prise de Boukhara par les Soviétiques. Commencé par l’émir Akhad Khan à la fin du XIXe siècle, il fut terminé par le dernier émir, Alim Khan, qui connaissait Saint-Pétersbourg pour y avoir séjourné, et qui a contribué à faire de ce palais un mélange, qu’il voulait harmonieux, à la fois de style russe et d’Asie centrale.
Le palais comprend les appartements, un pavillon pour les invités dit pavillon octogonal, le harem et les salles de réception. Parmi ces dernières la salle blanche et la salle d'apparat sont dotées du décor le plus élégant. Au pied du belvédère, situé à côté du harem, se sont installés des vendeuses de belles soieries.

Boukhara, Chor Minor

Médersa Abdoullaziz

La médersa Abdoullaziz Khan doit son nom à son fondateur, qui la fait bâtir en 1652. Sa décoration extérieure est en partie inachevée, car le khan a été détrôné alors que la décoration de la médersa n'était pas terminée et l'architecte a mis fin au chantier.

Nécropole de Tchor Bakr

La nécropole de Tchor Bakr est située dans le village de Soumitan, à 5 km de Boukhara. Construit par Abdallah Khan en 1563, le site comprend principalement deux bâtiments à coupole, une mosquée et une medersa pour héberger les soufis qui étudiaient les aspects mystique et ésotérique du coran. Un minaret, vraisemblablement plus tardif, se dresse dans la cour formée par les bâtiments.
Le site tire son nom de l'imam Sayid Abou Bakr qui fut inhumé à cet endroit à la fin du Xe siècle, comme ses trois frères descendants du prophète. Au cours des siècles, la nécropole a accueilli de nombreuses autres sépultures.

Chor Minor

Chor Minor est une petite medersa construite en 1807 par un riche commerçant de la ville. Elle disposait au départ de 59 cellules pour loger les étudiants. Le pavillon d'entrée fait toute la particularité de l'ensemble, car il est surmonté de tours aux quatre angles dont chacune est couronnée d'une coupole turquoise.

Mausolée Ismail Samani (Voir photo plus haut)

A l'ouest de la ville se dresse le plus vieux monument de Boukhara, le mausolée d'Ismail Samani qui a régné entre 862 et 907. On ne connait pas d'autre exemple dans l'architecture de l'époque où la brique ait été si ingénieusement exploitée.
La forme architecturale du bâtiment est très simple : un cube à plan carré surmonté d'une coupole semi-sphérique. Par contre, la virtuosité de sa briquèterie, les motifs formés par les dalles et les proportions idéales de toutes ses parties sont admirables. L'harmonie des formes de ce mausolée en fait un chef-d'œuvre d'architecture d'une importance mondiale.

Boukhara de nuit

Bazars et caravansérails

Boukhara fut l’une des villes caravanières les plus riches. Elle a compté jusqu‘à 50 bazars et 75 caravansérails. Boukhara s’est développée autour du commerce. Les quatre bazars qui subsistent donnent une idée de la façon dont le négoce a influencé le développement urbain au temps de la Route de la soie. Le centre-ville ressemblait à un hypermarché médiéval.
Ici démonstration d'instruments de musique traditionnelle d'Asie centrale : différentes variations de violes, de luths ou de guimbardes, à 2 ou 4 cordes pincées ou frottées à l'aide d'un archet.
Et marcher de nuit dans les rues de Boukhara, quoi de plus propice à rêver…!

Samarcande

Samarcande, Registan

Aujourd'hui, départ pour Samarcande : nous allons prendre l'Afrosiyob, un train rapide construit par les espagnols sur la base du Talgo. Gare moderne, voitures confortables et vitesse de croisière de 230 km/h…

Avec Boukhara, Samarcande installée sur la Route de la soie, entre la Chine et la Méditerranée, a été une des plus grandes cités d'Asie centrale depuis plus de 2,000 ans. C'est aujourd'hui la 2ème ville d'Ouzbékistan avec plus de 500,000 ha.
Elle connut son apogée au 14ème siècle lorsque Amir Timur, plus connu sous le nom de Tamerlan, fonda la dynastie des Timourides et fit de Samarcande sa capitale.
Chef de guerre particulièrement efficace, il étendit son royaume de Bagdad jusqu'à l'Inde. Bon guerrier mais aussi instigateur de massacres spectaculaires : il n'hésitait pas à massacrer la totalité de la population des villes qui lui avaient résisté ; les estimations sur le nombre de morts de ses campagnes militaires vont de 1 million à 17 millions de personnes (soit environ 5 % de la population mondiale de l'époque...).

Samarcande, Gour Emir

Mosquée Bibi-Khanym

La mosquée Bibi-Khanym, épouse de Tamerlan, fut érigée à partir de 1398 par Tamerlan au retour de sa campagne des Indes. La mosquée fut achevée en 1405. Elle était de dimensions imposantes (167 × 109 m), avec un portail d'entrée présentant une ouverture de 18 mètres. Au centre de la cour se trouve un immense lutrin à coran, en pierre.
Elle connut vite des dégâts dus à la mauvaise répartition des charges et aux tremblements de terre fréquents dans la région. Les armées russes l'utilisèrent comme écuries et comme entrepôts avant que le régime soviétique ne commence une restauration en 1974.

Samarcande, Nécropole Shah I Zinda

Ensemble Gour-Emir

L'ensemble Gour-Emir comprend un mausolée et une medersa. Construit du vivant de Tamerlan pour abriter la dépouille de son petit-fils aimé, mort à la guerre, ce mausolée va devenir également celui de Tamerlan ainsi que de plusieurs émirs.
La coupole étirée, d'un diamètre de 15 mètres et d'une hauteur de 12,5 m, est couverte de briques vernissées de couleur bleu vif. La lourde cannelure nervurée donne une expressivité incroyable à la coupole.
Intérieurement le mausolée apparaît comme une grande pièce haute richement décorée comportant des niches profondes sur les côtés. La partie inférieure des murs est couverte par des dalles d'onyx composées d'un seul tenant. Les voûtes et la coupole intérieure sont ornées par des cartouches en papier mâché, peints et dorés.

Nécropole Shah I Zinda

La nécropole du Shah-i-Zinda, est une sorte de ruelle qui grimpe dans la colline d'Afrosyab et qui menait jadis aux portes de la ville antique. Elle regroupe de nombreux mausolées construits entre les 11ème et 15ème siècle sur le site du tombeau d'un cousin du prophète Mahomet. Ces mausolées, tous surmontés d'une coupole, rivalisent de richesse dans leur décoration aussi bien intérieure qu'extérieure. En particulier, la plupart sont recouverts de céramiques émaillées d'un bleu remarquable.
Le mausolée de Touman Aka, 7ème épouse de Tamerlan, est un bel exemple de la magnificence de ces mausolées, à l'extérieur comme à l'intérieur. Sur le portail comme à l'intérieur, on retrouve muqarnas, céramiques émaillées, inscriptions calligraphiques en arabe et en persan, dessins floraux et géométriques où domine le bleu.

Eglise orthodoxe Saint-Alexis

Elle a été consacrée en 1912. De type église-halle, elle mesure 24 mètres de longueur et 16 mètres de largeur. Elle a été fermée par les autorités soviétiques pendant les années 1920. L'église a été rendue au culte en 1996 et solennellement reconsacrée par le patriarche de Moscou.

Samarcande, Registan

Place du Régistan

La place Régistan impressionne ses visiteurs par sa perfection monumentale. Elle est une des plus belles places du monde. Elle abrite trois medersas, des universités médiévales :

Samarcande, Fabrique du papier

Papier de Samarcande

Samarcande reste aujourd'hui un grand centre d'artisanat avec la fabrique du fameux papier et la réalisation de très belles draperies de soie. Le papier fabriqué à Samarcande a une surface extrêmement lisse et brillante, qui absorbait moins d'encre et ses deux faces étaient donc utilisables. En effet, contrairement aux occidentaux, les Chinois n'avaient pas besoin de lisser leur papier parce qu'ils écrivaient avec des pinceaux et non avec des plumes.
Le procédé de fabrication n'a pas changé depuis des siècles : on fait d’abord tremper les branches de bois de mûrier pendant 10 jours, puis une ouvrière enlève très rapidement et avec dextérité l’écorce à la main.
Les branches sont ensuite mises à bouillir pendant 7 à 8 heures. Puis la pâte obtenue est ramollie en la broyant à l’aide de gros pilons actionnés grâce à une roue à aubes placée dans le courant d'une rivière. La pâte est ensuite filtrée dans des tamis et les feuilles sont pressées puis mises à sécher au soleil. Il ne reste plus qu’à les polir de chaque côté avec une pierre d’agate ce qui lui donne un aspect lisse et brillant. L’ensemble des opérations dure 10 jours.

Samarcande, Présentation de soieries

Travail de la soie

Les ateliers de Samarcande présentent leurs collections de vêtements en soie dans des défilés de mode organisés pour la plupart dans des medersas transformées en hôtels restaurants.
Valentina Romanenko, réalise ses propres créations modernes et originales. Née en Russie, elle a déménagé à Samarcande il y a plus de 30 ans, où elle est tombée amoureuse de la soie produite dans cette ville ; elle est devenue une créatrice de mode de renommée internationale.
Valentina Romanenko a progressivement transformé son atelier en un espace d'exposition et l'a ouvert au public. Dans ce cadre intime, décoré de tapis et tentures ouzbeks, elle crée et présente ses collections élégantes et modernes, fabriquées avec des tissus et des techniques traditionnels.

Bouzkachi

Ce matin, départ matinal, pour Chakhrisabz, la ville natale d'Amir Temur, à environ 60 km au sud de Samarcande, en direction de l'Afghanistan. La route est assez montagneuse. Nous passons un col où un marché propose tout ce dont un voyageur peut avoir besoin : en particulier des fruits secs... Mais nous avons de la chance : aujourd'hui nous sommes dimanche matin et nous nous retrouvons dans l'univers de Joseph Kessel, et ses Cavaliers… oui, nous tombons sur un bouzkachi.
Au pays des hommes rudes dans les grandes steppes entre Ouzbékistan et Afghanistan, le bouzkachi rassemble dans la montagne de nombreux cavaliers qui vont se disputer la carcasse d'une chèvre et tenter de la déposer dans le cercle de justice, un rond tracé à la chaux.
Ici, c'est le sport national. Les chevaux employés subissent un entrainement spécial : ils doivent être rapides et très résistants car ce sport est très violent.

Samarcande, Bouzhachi

Chakhrisabz

Le palais a été réalisé entre 1380 et 1396 sous le règne de Timur. Il est aujourd'hui en ruines. Il reste un immense portail, initialement haut de 71 mètres, flanqué de deux tours cylindriques reposant sur des bases octogonales et mesurant actuellement 44 mètres. La voute aujourd'hui effondrée, large de 22m, était la plus grande d'Asie centrale.
Les dimensions impressionnantes du palais sont caractéristiques de l'aspect politique de l'architecture timouride de l'époque : une inscription sur le portail, "Si tu doutes de notre pouvoir, regarde nos bâtiments", était destinée à impressionner le visiteur étranger. Le palais a été détruit au XVIe siècle par l'émir de Boukhara Abdullah Khan II.
Le palais Al Saray est le lieu préféré des jeunes mariés qui veulent immortaliser ce grand évènement…
La mosquée Kok Gumbaz a été construite en 1437 par OuloughBeg, petit-fils de Tamerlan, pour rendre hommage à son père. Son nom signifie Dôme bleu, en référence au dôme immense, recouvert de carreaux de céramique bleue, qui coiffe le bâtiment et symbolise la voute céleste.
Le mausolée Goumbazi-Sayyidan, construit la même année, avait pour fonction d'abriter les sépultures des parents et descendants d'Ulugh Beg.

Samarcande, Registan

La magie du Régistan la nuit

Samarcande, la ville des mille et une nuits, vit bien sur la nuit. Nous avons ce soir le plaisir de participer à un diner spectacle de danses ouzbèques.

Après ce spectacle, retour Place du Registan qui nous offre de nuit un spectacle bien différent qu'il ne faut surtout pas manquer : en effet, le jeu des lumières et des ombres crée une atmosphère mystérieuse qui nous plonge dans le monde merveilleux des mille et une nuits.
Le spectacle de cette place, avec le joyau architectural de ses 3 medersas, nous laisse tout simplement pantois devant à la fois tant d'harmonie, de beauté et de simplicité...

Mais en plus, ce soir nous avons la chance d'assister au spectacle Sons et Lumières que la ville de Samarcande présente certains soirs sur la place Registan.
Un spectacle grandiose, véritable voyage dans le temps, retraçant l’histoire de l’Ouzbékistan depuis l’époque des caravaniers qui cheminaient sur les Routes de la Soie, de ces marchands qui venaient de l’autre bout du monde vendre leurs produits dans les caravansérails de la ville. Vraiment un spectacle à ne pas manquer...!

Samarcande, Registan

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